La deuxième bataille de Dego eut lieu les 14 et près de Dego, au nord-ouest de l'Italie, pendant les guerres de la Révolution française, entre les forces françaises et austro-sardes et se solda par une victoire française.
Contexte
Après avoir battu une partie de l'armée autrichienne à la bataille de Montenotte, Napoléon Bonaparte s'efforce d'empêcher la réunion des armées autrichiennes et piémontaises. La prise de la position de Dego par les Français leur permettrait de contrôler la seule route par laquelle les deux armées pourraient faire leur jonction, et les forces de Bonaparte combinées à celles de Masséna convergèrent le pour la prendre d'assaut.
Dego est situé sur le penchant d'un coteau, la rivière Bormida coule d'un côté, et de l'autre se trouve un profond ravin. Les défenses de la ville comprenaient un ensemble formé d'un fort sur une falaise peu élevée, accolée à une colline renforcée de tranchées. La garnison était composée d'une troupe mixte d'unités autrichiennes et sardo-piémontaises.
Ordre de bataille valable que pour le 14 avril
Côté Français
Côté Austro - Sarde
La colonne « Observations » ci-dessous donne le détail des positions défensives.
Déroulement
14 avril 1796, la prise de Dego
Les troupes du général Massena tiennent le centre de la ligne de bataille. Les grenadiers se déploient sur la droite, sous les ordres du chef de bataillon Rondeau. Les troupes des coalisés ouvrent le feu depuis la colline.
Les colonnes d'attaque gagnent néanmoins du terrain. Celle de droite, au lieu de pousser directement sur Dego, effectue un détour et se porte sur les arrières des défenseurs. Elle rencontre sur sa route un régiment qui vient en renfort des Autrichiens. Elle l'attaque et le contraint à reculer.
L'engagement s'étend. Les troupes de Massena s'emparent du village de Dego, et, profitant des accidents du terrain, elles gagnent rapidement le sommet de la colline et en chassent les coalisés. Bousculés sur plusieurs côtés, les défenseurs perdent cohésion et se rendent. Trois soldats français, enhardis par la stupeur de l'ennemi, Giniez (sergent), Fabre (grenadier), et Cambon (éclaireur), se jettent à travers ses rangs et se saisissent chacun d'un drapeau[réf. nécessaire].
L'armée autrichienne perd un peu moins de 6 000 hommes, de nombreux canons et drapeaux. Les forces françaises comptent 1 500 hommes hors de combat.
Vers 18 h, après une longue marche, Vukassovic est près de Pontivera, cachée dans les bois du Bric Schiena d’Asino, il attendra l'aube du . Il a déjà une idée clair de la situation de Dego parce qu'apprise par les voix de quelques Piémontais et Français prisonnier. Cependant il prit la décision de s’en tenir aux ordres reçus.
De son côté, Bonaparte, après cette victoire de Dego, rédige une série d’ordres afin de porter plus de troupes sur son aile gauche pour l’attaque du secteur de Montezemolo prévue pour le lendemain.
Ordres rédigé vers 22 h :
- Augereau peut envoyer des ordres de marche à Victor (à St-Julie) pour le rejoindre.
- Dommartin marchera sur Cenglio par Bormida pour rejoindre Augereau.
- Laharpe marchera sur Salicetto puis sur Montezemolo pour renforcer Augereau.
- Joubert marchera sur Rocca-Vignale puis Montezemolo.
- L’artillerie prise à Dego sera évacuée sur Carcare.
15 avril (perte et reprise de Dego)
Les soldats français, après la prise du village, s'étaient dispersés pour piller. Ils ont dormi sur le champ de bataille, et sont encore dans le désordre lorsqu'un corps autrichien mené par le colonel Joseph Vukasović se présente. Un brouillard mêlé de pluie avait voilé son approche.
La surprise est extrême. Les avant-postes n'opposent qu'une faible résistance et se replient sur la troupe parmi laquelle ils jettent le désordre. Le chef de brigade Dupuy et le chef de bataillon Rondeau sont blessés. Les forces françaises, bousculées, évacuent toutes les positions conquises la veille et ne peuvent se maintenir à Dego. Des compagnies placées dans une petite redoute qui domine le village contiennent un temps les assauts autrichiens, mais doivent finalement se rendre.
La plupart des généraux absents accourent au bruit de l'attaque. Massena arrive un des premiers. Il voit les troupes qui fuient éperdues, et va les attendre dans la plaine pour les rallier. Il rejoint la 32e demi brigade d'infanterie de ligne sur une petite éminence en face de Dego. Massena finit par ramener le calme et réorganise ses troupes de concert avec Laharpe.
Bonaparte apprend l'attaque Autrichienne sur Dego, aussitôt il modifie ses plans :
- Massena placera les pièces qui restent en position, arrangera ses troupes pour pouvoir faire une vigoureuse résistance, avancer vos tirailleurs afin d’être prévenu de la marche de l’ennemi.
- Laharpe ira se placer à Rochetta, il soutiendra les troupes de Massena.
- Victor ira se placer avec sa brigade sur les hauteurs entre Mori et Montenotte inférieur afin de tourner l’ennemi et le prendre a revers.
Les généraux relancent l'attaque sur la colline de Dego, le même objectif que la veille, tenue par les lignes autrichiennes. Les coalisés lancent une attaque depuis le village, mais les troupes françaises tiennent bon. Des renforts en provenance de Napoléon viennent soutenir la poussée française, qui chasse alors les Autrichiens en sous-nombre de la crête. Les Français restent maîtres du terrain.
Bilan
Près de 1 000 Autrichiens sont faits prisonniers, 670 sont morts ou blessés, et tout leur parc d'artillerie est capturé. Les Français déplorent près de 1 000 hommes hors de combat. Cette victoire permet à Napoléon de rejeter les forces autrichiennes, et de fixer Beaulieu à l'Est. La réunion des coalisés n'aura pas lieu, et Napoléon peut porter son corps de bataille contre l'armée sarde du général Michelangelo Colli. Le , Colli est battu à la bataille de Mondovi, et très peu de temps après le gouvernement sarde demande la fin de la guerre.
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Second Battle of Dego » (voir la liste des auteurs).
Bibliographie
- En français
- Gérard Bouan, La première campagne d'Italie, 2 avril 1796 - 10 décembre 1797, Economica, , 302 p. (ISBN 9782717860047, présentation en ligne)
- En anglais
- (en) Martin Boycott-Brown, The Road to Rivoli: Napoleon's First Campaign, Londres, Cassell & Co, , 560 p. (ISBN 978-0-304-35305-7)
- (en) Chandler, David. The Campaigns of Napoleon. New York: Macmillan, 1966.
- (en) David G. Chandler, Dictionary of the Napoleonic wars, Ware, England, Wordsworth Editions, coll. « Wordsworth military library », , 569 p. (ISBN 978-1-840-22203-6).
- (en) Fiebeger, G. J. The Campaigns of Napoleon Bonaparte of 1796-1797. West Point, NY: US Military Academy Printing Office, 1911. Reprinted in Bonaparte in Italy Operational Studies Group wargame study folder.
- (en) Digby Smith, The Greenhill Napoleonic Wars Data Book, Londres, Greenhill, , 582 p. (ISBN 978-1-853-67276-7)
- En allemand
- (de) Schels, J. B. 'Die Gefechte in den Apenninen, bei Voltri, Montenotte, Millessimo, Cossaria und Dego, im April 1796.' Oesterreichische Militärische Zeitschrift, Bd. 2 (1822): 123-217
Articles connexes
- Armée autrichienne durant les guerres napoléoniennes (en)
- Portail de la Révolution française
- Portail de l’histoire militaire
- Portail du Saint-Empire romain germanique
- Portail de l’Italie
- Portail des années 1790



![]()
